David Salles – Pourquoi j’ai pété les Plombs

 

 A 20h au Théâtre Le Capitole

3 Rue Pourquery De Boisser – 84000 Avignon

Mise en scène : Bruno SALOMONE
Costumes : Virginie ALBA et Marylène RICHARD

 

David SALLES. Ce nom n’évoque rien pour vous? Pas pour longtemps ! D’abord parce que cette gueule là, vous l’avez déjà forcément croisé sur vos écrans.  Vous n’avez pas pu le rater dans le rôle du psy dans la série Bref deKyan Khojandi et Bruno Muschio sur Canal +. Ou vous l’avez repéré au cinéma dans « Les petits ruisseaux »  de Pascal Rabaté ou « Case départ » de Fabrice Éboué. David Salles semble un homme de bande, donc rien d’étonnant à ce qu’il se soit retrouvé dans celle de Gustave Kervern et Benoit Delépine. D’abord dans leur court métrage « Ya Basta! »,puis récemment dans « Le grand soir ».  L’année dernière, vous l’avez peut être apprécié dans La Pitié dangereuse » de Stefan Zweig, mis en scène par Stéphane Olivié-Bisson dans le Off d’Avignon. A moins que vous ne l’ayez déjà vu dans un de ses précédents one man shows.

 

Des registres différents pour un acteur à part, insatiable.

 

Cette fois-ci c’est son pote de toujours Bruno Salomone (Fait pas si fait pas ça) qui le met en scène. « Pourquoi j’ai pété les Plombs » est un spectacle sur notre capacité à réagir, à appréhender tout événement…de la moindre contrariété à l’annonce de la fin du monde.  Que cela suscite de l’impuissance ou de la fureur, le rire se trouve ici au rendez vous, l’ironie à porté de main.

 

Qui n’a pas pété les plombs devant sa facture EDF-GDF ? Grace à David Salles nous aurons désormais une lettre type détonante à leur adresser, de quoi les faire disjoncter. Cet acteur porte un regard acerbe sur ce qui fait le monde et sur ceux qui le constituent, aussi différents soient-ils. Souvent dans l’exagération, il ne tombe jamais dans la vulgarité, s’amusant à courir sur le fil des nuances, mettant volontairement les pieds dans le plat de la caricature afin de nous montrer avec quelle maestria il s’en sort.

Imperceptible et provocateur, il s’amuse de nous et nous avec lui dans un immense plaisir jubilatoire. David Salles a beau faire du Taï-chi en scène, ça ne calme pas son énergie débordante. Quelle chance puisque le public redemande de cette vitalité animale, de ses délires dansants. Transpirer, il dit adorer ça et ça lui va à merveille ces rôles extrêmes, ces excès d’adrénaline qui traversent le spectacle. Vous l’aimerez, surement comme moi, lorsqu’il monte en puissance, au bord de l’implosion, frappant les murs du plat de la main dans une pulsion vitale, vociférant et vous faisant craindre le pire. Pour finalement vous cueillir en descente d’une émotion plus douce, d’un regard aiguisé, d’une réplique bien sentie. Cette bestialité émotive est un parfait écrin à son humour. Il rempli l’espace scénique comme un fou curieux.   Tout son talent est justement dans cette force de jeu, mise en contrepoint d’une sensibilité presque féminine. Cet homme est double, entre exhibition et pudeur, entre rage et contemplation, cuissardes à talons aiguilles et costard cravate.   Il se ballade de l’un à l’autre des ses personnages, d’une équipe de rugby (surement ses origines Toulousaines) à une thalasso, nous présentant au passage sa petite Jojo, son amour.  Toujours le bon mot sur les lèvres, il rebondit en toute circonstance, se débarrassant  du moustique qui lui tourne autour d’un : « Ils font chier ces figurants ! » qui amuse beaucoup la salle.  Il a le comique expressif et la sensibilité tantôt facétieuse tantôt inquiétante. Même à moitié nu, ce sont ses yeux qui disent l’intime ! Et sa voix si grave raisonnera aussi fort en vous que vos rires dans la salle. Ce spectacle est chaque soir en perpétuel mouvement et trouvera sa forme définitive à la rentrée au Point Virgule à Paris. Il se jouera du dimanche au mardi à 21h15 du 2 septembre à fin décembre 2012.

 

Ne ratez pas prochainement David Salles dans le brillant film de David Lambert « Hors les murs » avec Guillaume Gouix et Matila Malliarakis qui sortira au cinéma le 14 novembre 2012. Ce film, présenté à la Semaine de la critique à Cannes, a été très remarqué et primé. David Salles y tient, avec une sensibilité déroutante, le rôle d’Edouard, patron de sex shop et troisième protagoniste d’une  histoire d’amour sublime. Il est sûr qu’après l’avoir vu sur scène vous ne vous demanderez plus qui est David Salles mais où et quand vous pourrez le revoir.   Maryline Laurin 

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2 réflexions sur “David Salles – Pourquoi j’ai pété les Plombs

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