La revue marseillaise du théâtre/les news

24 février 2012

JEKYLL

Filed under: marseille,theatre,Uncategorized — rmt2009 @ 13:27

Le Cas Jekyll (2ème version)
De Christine Montalbetti
avec Denis Podalydès et Kaori Ito, danseuse
21 au 25 février 2012
Grand Théâtre
Durée : 1h20/Tarifs : 12/22euros
Représentations
mardi 21 février 19h
mercredi 22 février 19h
jeudi 23 février 20h
vendredi 24 février 20h
samedi 25 février 20h
Theatre de la Criée, quai Rive Neuve 13007 Marseille
Réservation : http://www.theatre-lacriee.com/

Schizophrénie provoquée

Le cas Jekyll dont la Criée présente cette semaine la seconde version relate les expérimentations du docteur Jekyll soucieux de démontrer sa théorie scientifique sur la multiplicité des personnalités vivant en chacun de nous. Jouant l’apprenti sorcier, le bon docteur se laisse griser par sa découverte jusqu’à ne plus avoir aucun contrôle sur la vile créature gisant au plus profond de son être, le fameux et sadique Mister Hyde dont nous sont contées les abominations allant crescendo des balbutiements de ses crimes en passant par le piétinement d’une fillette au meurtre de son créateur -ce dernier est dévoré de l’intérieur par le remords-, Hyde achevant ainsi sa vie de triste sire. Le tout présenté très scientifiquement sous la forme d’une exposition posthume du cas clinique Jekyll, destiné à un de ses anciens camarades d’études.

La réécriture de l’histoire de Jekyll et Hyde reprend les fondamentaux des caractères principaux dans une langue fortement connotée scientifique. Certains des termes employés sont issus de la langue des docteurs es médecine ou psychologie. Proposant une analyse du cas Jekyll, le texte révèle les subtilités et les découvertes psychologiques des temps modernes, ne réduisant pas la schizophrénie au dédoublement simple de la personnalité. Au contraire, l’auteur l’enrichit de nuances : le bon docteur semble déjà être en proie au tourment de la personnalité de Hyde avant même l’apparition de ce dernier. La métamorphose physique n’est ici qu’un moyen dramatique pour faire éclore cette seconde personnalité. Simplifier le cas à une lutte du pouvoir du mal – Hyde représentant si l’on peut dire le mal absolu sans conscience- contre la fragilité du bien – Jekyll pouvant être le symbole de la recherche du bien dans son expression la plus scientifique, si par bien on entend la quête absolue du savoir- serait dommageable au texte et au spectacle en lui-même.

En effet, la mise en scène joue avec subtilité de l’attitude scientifique du docteur persuadé qu’en chacun de nous gisent plusieurs personnalités ; ce qu’il démontre avec succès certes mais au péril de sa sante mentale et au final de sa vie. Dès l’apparition du docteur sur scène, vouté sur ses béquilles – incarné physiquement avec brio par Denis Polydades-, le spectateur sent confusément le trouble de la personnalité du docteur. L’apparition de Kaori Ito, double de Jekyll et de Hyde, ouvre vers un abime de personnalités : la danseuse au talent indéniable que nous ne pouvons que saluer avec enthousiasme apparait telle le masque déformé et déformant de la vérité recherchée. Le spectateur assiste alors aux métamorphoses de Jekyll et de Hyde, la plus spectaculaire étant celle ou Jekyll devient Hyde. La chorégraphie avec ses emprunts aux arts martiaux, ses acrobaties et ses pas de danse mêlant classique et contemporain confère une profondeur charnelle au texte dit par le comédien, telle un miroir tantôt complice, tantôt déformant. L’interaction entre le jeu du comédien – à la gestique magnifique et interprétation physique et corporelle investie d’une rare énergie – et la danse de la jeune japonaise semble une évidence, le spectateur ne peut imaginer l’un sans l’autre, doubles et opposés, consubstantiellement unis. C’est là la réussite de la mise en scène : offrir un spectacle dense et puissant, où le corps et le visuel sont au centre de l’interprétation, chose rare pour le souligner. Un spectacle charné, pétri de sueur.

Ainsi même si il est à regretter un début de spectacle un peu trop long- la scène où Jekyll explique bien trop didactiquement par ailleurs l’expérience à venir-, ainsi que la sonorisation du comédien – avec ses effets de réverbérations rendant le texte inaudible-; la création présentée a reçu un accueil chaleureux amplement mérité : l’utilisation de la voix off enregistrée et la création lumière sont remarquables. DVDM

COPYRIGHT PHOTO E.CARECCHIO

13 février 2012

Made in Asia: Semaines 2 et 3

Filed under: marseille,taipei,taiwan,theatre,Uncategorized — rmt2009 @ 15:17

WU CHI TSUNG

Entre deux vernissages et expositions d’artistes plasticiens taïwanais aux techniques novatrices et contemporaines, le festival accueillait des grands noms de la scène taïwanaise et un spectacle jeune public : Les Ten Drums, groupe de percussionnistes venus du sud de l’Ile, le Wang Xin Xin Nanguan ensemble dirigé par la captivante Wang Xin Xin, et l’Est et l’Ouest qui proposait en coproduction avec le Flying Group la Naissance, une création de Chou Jung Shih a l’adresse du jeune public.

Le Charme de Taiwan – 3 février dans la salle Nougaro

La proposition des Ten Drums a conquis le public toulousain avec ses percussions vibrantes et chaudes, ses flutes et volutes sonores subtiles, ses masques traditionnels et combats épiques. L’équipe est composée d’une petite dizaine de jeunes musiciens aguerris : chacun manipule le bâton et maitrise l’instrument percussion avec un talent fou et une énergie incroyable. Le programme proposé est celui que le curieux avait pu découvrir en Avignon cet été, une plongée au cœur des beautés de l’ile de Taiwan avec ses vents et ses coqs, ses chevaux et ses cascades, ses traditions et ses rites ancestraux. Dans le premier programme Splendeur, l’arrivée des généraux célestes ou l’armée de Song Liang nous immergent dans les récits héroïques chinois et célèbrent la puissance féline du tambour avec ses sonorités vigoureuses : visuellement, le spectacle est impressionnant, les jeunes gens partagent avec une extrême générosité leur passion pour cet art et nous emmènent dans un univers mystique fascinant. Suit alors un second programme Terre natale qui nous transporte à la rencontre des peuples et cultures aborigènes de Taiwan. Ce programme ouvre la voie de la philosophie taoïste où le sage suit la voie de la Nature selon le principe du ‘non agir’ de Lao Tseu. Une harmonie indescriptible se dégage des dialogues entre les percussions animalières et humaines, les flutes et les gongs. La jeune troupe prend ici plaisir à recréer ce monde naturel où les hommes et les animaux se répondent, le tout accompagné de jeux de lumières mordorés de toute beauté. Un moment inoubliable que le public a salué avec un enthousiasme rare. Et pour ceux qui souhaitent les découvrir, les Ten Drums dirigés par Shih Hsieh (Voir extrait vidéo) reviennent en Mars et Avril en France : 21 mars à 20h30 à l’Espace Athic d’Obernai | 24 mars à 20h30 à l’ACB de Bar-le-Duc | 27 mars à 14h30 et 20h30 à La Comète de Châlons-en-Champagne | 29 mars à 20h30 au Nouveau Relax de Chaumont | 1er avril à 15h00 au Théâtre Louis Jouvet de Rethel | 4 avril à 20h30 à la Maison des Arts et Loisirs de Laon | 6 avril à 20h30 à l’Auditorium du Musée Guimet de Paris.

Mirage des sons du Sud – 8 février au Théâtre du Capitole



Tel était le titre de la création franco-taïwanaise à laquelle a été conviée Wang Xin Xin. L’orchestre baroque de Montauban, les Passions, sous la direction de Jean Marc Andrieu, accueillait en résidence Wang Xin Xin, la spécialiste du Nanguan, chanteuse et musicienne exceptionnelle, ainsi que Jiang Nan, une jeune chinoise vivant à Toulouse, excellente joueuse de Guzhen -la cithare chinoise-, et une jeune taïwanaise, Yang Yi-Ping, percussionniste fort talentueuse. Le concert proposé au public mêlait ainsi musiques baroques de Vivaldi dont la Follia ; musiques chinoises de Chen Huazhi et Wang Jianmin ainsi qu’une composition de Wang Xin Xin, liées ensemble par des tintements de gongs et percussions subtilement arrangées. Wang Xin Xin, dont le professionnalisme et la générosité scénique sont remarquables à plus d’un titre, a offert au public toulousain un moment de pur bonheur musical : vêtue d’un habit traditionnel aux couleurs pastel, le visage éclairé par un sourire intérieur paisible et apaisant, elle apparait, jouant aussi brillamment du pipa que du violon chinois ou du er-sian, instrument chinois à deux cordes aux sonorités légères et flutées, sa voix aux aigus veloutés transportant le spectateur vers un ailleurs où règnent l’harmonie et la sérénité. Seul point d’ombre à cette création, la création vidéo inutile et redondante en rapport au concert proposé : usant, voire abusant de techniques de dessin assisté par ordinateur et de couleurs rouge sang ou bleu électrique, les images projetées ne rajoutaient rien à la magnificence de la musique, voire gâchait le plaisir de l’œil posé sur les artistes tous talentueux. Ceci dit, le concert fut magnifique, les envolées baroques et le souffle puissant du guzheng s’accordant merveilleusement avec la douceur exquise du nanguan : le public, venu en nombre en dépit d’un froid sibérien qui se faisait ressentir à l’intérieur même du théâtre, a rendu une ovation bien méritée à l’ensemble des artistes. Un grand bravo pour ce programme musical de belle tenue.

La naissance – 4 février à la médiathèque José Cabanis



La Naissance, premier volet d’une trilogie sur les trois étapes clés de la vie, est un spectacle jeune public qui s’adresse autant aux petits qu’aux grands. Derrière le voyage initiatique d’une petite fille dans le ventre de sa maman qui s’apprête à la mettre au monde, se dévoile tout un pan de philosophie mêlant pensée chinoise et occidentale sur l’origine de la vie et du monde. Écrit par une jeune maman, Chou Jung Shih, créatrice de la compagnie L’est et L’ouest, ce spectacle fait appel à la marionnette et au théâtre d’ombre via la retro projection de dessins sur le fond de la scène. Manipulation délicate et subtile de calques par deux artistes taïwanaises spécialisées dans la marionnette, Kappa Tseung et Pei Yu Shih, interprétation et manipulation exquise de la marionnette représentant la petite fille par Jung Shih Chou, interprétation exceptionnelle en live de la musique par une poly instrumentiste, Yu jun Wang ; tous les ingrédients étaient présents pour offrir au jeune public un spectacle onirique et beau, sollicitant adroitement leur imaginaire : la petite fille découvre un œuf et part à la recherche de ses parents. De cet œuf nait Pangu, celui par lequel le monde est sorti du chaos -dans la mythologie chinoise. Conte merveilleux et pédagogique, faisant appel aux mythologies orientales et occidentales de la naissance, le texte est dit en chinois et en français, les deux langues se répondant l’une à l’autre dans un dialogue universel. Le public de la médiathèque était venu en nombre découvrir cette création et ne fut pas déçu du voyage, les applaudissements fusant dans la salle à l’issue de la représentation.

CHAR WEI TSAI

Le festival made in Asia dédié à l’ile de Formose a eu le bon gout de présenter des spectacles de styles et genres différents, confortant l’inscription de Taiwan dans une dynamique artistique où la tradition et la modernité ne sont pas opposées mais complémentaires et se nourrissent l’une de l’autre. Il suffit de jeter un œil sur les expositions pour se rendre compte que là aussi les artistes même dans leur recherche les plus contemporaines – notamment celui de Wu Chi Tsung sur la lumière ou de Char Wei Tsai sur le flux et les encres, tous deux présentés à la Maison Salvan – git en creux un respect pour la tradition, leur création ne s’inscrivant pas contre la tradition mais dans une lignée, une filiation spirituelle. DVDM

Wang XinXin, La Naissance : Photos DVDM / Char Wei Tsai et Wu Chi Tsung : Photos S Marand

30 janvier 2012

Made in Asia, semaine 1

Filed under: hsu yen ling,sylvia plath,taipei,taiwan,theatre,Uncategorized — rmt2009 @ 14:13

Pour l’ouverture du festival, place du capitole, au sein de la Mairie de Toulouse, sous ses voutes ornées de peintures magnifiques, le public était bel et bien au rendez vous. Les officiels, citons Monsieur Lu, représentant de Taiwan en France- portrait ci-dessus-, M. Cheng, directeur du centre culturel de Taiwan à Paris, le Maire de Toulouse, M. Cohen, et les artistes invités du festival ont honoré le président du festival Didier Kimmoun de leur présence. Une inauguration aux couleurs de Taiwan, suivie du spectacle Remix : Hsu Yen Ling * Sylvia Plath, qui reçut un très bel accueil du public Toulousain puis dans la semaine d’une soirée danse avec Yilab et Shang-Chi Sun.

Une ouverture sous le signe de l’art contemporain : le monodrame de Hsu Yen Ling

Le choix du spectacle d’ouverture n’est ici pas innocent : en effet, qui d’autre que Hsu Yen Ling, surnommée la Reine du Ciel dans son pays, comédienne hors pair, pouvait inaugurer cette édition de Made in Asia dédiée à Taiwan, au théâtre Garonne les 25 et 26 janvier. Situé aux antipodes des chinoiseries traditionnelles, ce spectacle au décor minimaliste mêlant V-jaying, projection vidéo, danse et jeu, sur fond de création sonore inquiétante, a pu déconcerter une partie du public. Ce dernier s’attendait peut être à une création d’inspiration plus taïwanaise. Mais tel ne fut pas le choix artistique du président : ce dernier souhaite faire découvrir aux occidentaux la richesse et la diversité des arts taïwanais contemporains qui s’inscrivent dans une démarche où modernité et tradition s’entremêlent. Ici, Hsu Yen Ling incarne avec fureur et folie Sylvia Plath, poétesse américaine s’étant suicidée fort jeune, tourmentée par l’abandon de son mari. A ses côtés, le danseur-chorégraphe tout en retenu interprète merveilleusement la figure du père et du mari. La pièce au rythme haletant nous emporte dans un tourbillon d’émotions où la cruauté, l’amour, la haine, la passion, la folie, la déchirure, la mort et l’écriture explosent et s’exposent dans leur troublante nudité. Sous les traits de Hsu Yen Ling dont nous ne pouvons que saluer la performance exceptionnelle.

Épure et technologie avec deux créations de danse contemporaine taïwanaise

L’espace Bonnefoy accueillait, le 27 janvier, deux artistes de grands talents pour une soirée placée sous le signe de la danse avec ‘Loop Me’ de la compagnie Yilab et ‘Traverse’ de Shang Chi Sun. Su Wen Chi, conceptrice et interprète de ‘Loop Me’, artiste que le public français a pu découvrir en 2007 au festival d’art lyrique d’Aix en Provence dans les ‘Madrigaux’ de Monteverdi, proposait au public une création chorégraphique mêlant danse, vidéo et son, traités à part égale, sur la thématique du rapport entre le corps et l’image. La question qui sous tend cette création est celle de l’existence du corps dans le monde digital actuel. Comment le corps peut-il exister dans un procédé de reproduction tournant quasi indéfiniment en boucle ? Wen Chi exécute une danse allant crescendo, explorant le corps avec tendresse et lenteur jusqu’à l’aliénation, passant de mouvements rappelant les arts martiaux tels que le Tai Chi à la danse contemporaine aux mouvements plus saccadés et vifs, balancements des bras tels des toupies prêtes à se dégager de leur attache matérielle. Ici, la création vidéo de YEH Chien-Bu, au demeurant d’une qualité artistique rare, est capitale. Les images répètent à l’infini les mouvements de la danseuse, en trois plans désynchronisés, jouant sur la disparition du corps au profit de l’image. Cette dernière finit, elle aussi, par disparaitre, s’autodétruisant à force d’être répétée en boucle, comme lorsque nous regardons de vieilles vidéos sur magnétoscope et que la bande usée jusqu’à la corde nous laisse entrevoir une image floue, indécise, tremblante, envahie de rides blanchâtres jusqu’à faire disparaitre dans un halo d’une clarté insoutenable le contenu de l’image elle-même, perdue à jamais. La création sonore d’inspiration techno minimale, de CHANG Yung-Ta, accompagne avec justesse les mouvements de Wen Chi et la vidéo, conférant une atmosphère troublante à ce spectacle. Une réussite tant technique qu’artistique. Shang Chi Sun, quant à lui, offrait au public un solo de danse des plus minimalistes, accompagné d’une musique électro grinçante. Les grondements et cliquetis rythment la danse épurée de Shang Chi. Ce dernier, danseur exceptionnel, au talent incroyable et à l’expressivité faciale inouïe, chose rare en danse contemporaine pour le souligner ici, occupe avec élégance, légèreté et profondeur tout l’espace scénique, alternant pas de danse -pirouettes, roulades, enjambées, petites foulées- et mouvements au sol du corps d’une précision et d’une puissance magnifique avec une gestique toute en douceur et souplesse. Tel un félin. Tout dans son corps est tension, de cette tension exquise d’un envol vers un ailleurs fascinant. Un sentiment de joie et de plénitude émane ainsi du danseur et enveloppe le public littéralement absorbé dans sa performance. ‘Traverse’ se révèle être un voyage poétique et beau : il a remporté à juste titre l’adhésion du public toulousain.

Spiritualité et art plastique avec Tseng Yong Ning

Autour de ces deux créations, se tient en salle d’exposition de l’espace Bonnefoy une présentation des œuvres de Tseng Yong Ning – ici avec Didier Kimmoun. Le jeune plasticien travaille essentiellement le stylo bille et l’encre dans ses œuvres picturales. Trouvant son inspiration dans les jardins de fleurs, l’artiste semble retranscrire avec son stylo les élans naturels de l’âme contemplative, dans un processus proche de l’écriture automatique pratiquée chez nous par les surréalistes. Les couleurs vives utilisées, vert, rouge, orange, jaune, évoquent les paysages floraux de Formose. Les formes rondes ne sont pas sans rappeler la philosophie chinoise du yin et du yang où toute dualité se confond en une complémentarité organique, indissociable. Le jeune artiste en résidence à la galerie lieu commun exposera ses dernières créations dans la galerie Toulousaine dès le 2 février.

D’autres artistes taïwanais restent encore à découvrir avec ‘les charmes de Taiwan’ par les Ten Drums, le 3 février à la salle Nougaro et ‘la Naissance’ de Chou Jung Shi, le 4 février à la médiathèque José Cabanis, deux créations nous dévoilant les sources de la spiritualité et mythologie chinoises que nous vous recommandons très chaudement avant la découverte de la fin de résidence de Wang Xin Xin le 8 février. DVDM

Plus d’infos : Madeinasia.com
Copyright photos : Shakespeare Wild Sister’s group pour Sylvia Plath; Yilab pour Loop Me et Shang Chi Sun pour Traverse.
Les autres photos sont de Diane Vandermolina.

Rencontre avec Renée Auphan, metteur en scène de la Chartreuse de Parme

Filed under: marseille,theatre — rmt2009 @ 10:51

Renée Auphan- en photo ci-dessus, copyright Opera de Marseille- s’attaque, à la demande de Maurice Xiberras, actuel directeur de l‘Opéra de Marseille, à une œuvre difficile, quasiment jamais montée, ‘la Chartreuse de Parme’, inspirée du roman de Stendhal, dont la musique est signée Henri Sauguet, compositeur contemporain aujourd’hui tombé dans l’oubli. Un défi que Renée Auphan relève avec panache. Un hommage fait à un compositeur talentueux délaissé. Comme elle a pu le faire du temps où elle dirigeait l’Opéra, exhumant des œuvres méconnues telles l’Aiglon, inspiré d’Edmond Rostand qui révélât Alexia Cousin en 2004. Renée Auphan, adepte des coupures, reprend ici l’Opéra tel qu’il avait été coupé par Sauguet lui-même, à l’issue de sa première création.

Avec l’honnêteté et le franc parler qui la caractérisent, elle s’est prêtée au jeu de l’interview, nous avouant qu’elle ne connaissait pas la Chartreuse de Parme de Sauguet ‘mais j’avais déjà chanté ‘‘le plumet du colonel’’ de Sauguet. C’était un homme délicieux et charmant.’ Quand Maurice Xiberras lui a proposé de s’attaquer à cette œuvre, Renée s’est alors attachée à lire le livret avec attention. ‘J’ai cherché à trouver une logique et j’ai relu le roman de Stendhal afin d’éclairer les personnages. Le roman est inadaptable, il n’y a eu qu’un film – avec Gérard Philippe qui n’est pas une grande réussite par ailleurs, ndrl-. Le librettiste a réussi un tour de force mais l’essentiel n’est pas immédiatement perceptible. Cela m’a pris du temps et j’ai travaillé le texte phrase par phrase. L’écriture de Stendhal est très complexe et cette complexité se reflète dans l’Opéra. Dans ce dernier, il y a beaucoup d’ellipses et il est fondamental de raccorder les scènes et les personnages, créer une atmosphère entre les personnages. Ces derniers sont tous très ambigus. L’amour de la Sansévérina pour son neveu par exemple… Que s’est-il passé entre eux ? Mosca est un homme politique redoutable et pourtant il est à la merci de la Sansévérina. Clélia, c’est un petit oiseau blessé qui se révèle forte. Fabrice, quant à lui, est très proche de Stendhal qui vivait ses amours dans ses rêves plus que dans la réalité. Il est présent sur scène du début à la fin de l‘opéra et c’est très éprouvant pour le chanteur. Pour les artistes, certaines phrases peuvent paraitre évidentes mais c’est une fausse évidence’. Cet opéra plus qu’un autre nécessite de nombreuses qualités scéniques de la part des chanteurs : ‘ils doivent éviter les gestes parasites, déconstruire ce qu’ils ont appris pour avoir un jeu se rapprochant du jeu cinéma, c’est un travail subtil et fin qui demande beaucoup d’écoute de l’autre et de concentration’ poursuit-elle. Une partie de la difficulté de cette œuvre se découvre ici mais aussi dans la composition musicale.

Maquette signée Bruno DE LAVENERE

En effet, ‘la musique est difficile pour les chanteurs : elle est écrite comme un grand opéra italien, ce qui requiert une voix lyrique. Elle contient les difficultés de l’opéra classique mais aussi celles de l’opéra contemporain et réclame autant de qualités vocales que musicales. Par exemple, il peut y avoir un accord dissonant ou une note qui flotte. Sauguet dans sa composition se rapproche beaucoup de l’écriture de Stendhal : il y a quelque chose d’ambigu dans sa musique. C’est typique des Opéras français ; leur musicalité est délicate et les livrets sophistiqués, touffus… les textes sont souvent alambiqués. Il n’y a pas un opéra français facile…. ‘ D’où un travail de préparation long et méticuleux en amont des répétitions avec les artistes. ‘Mon travail de metteur en scène consiste à rendre les choses précises et claires pour les artistes et les spectateurs. J’essaie d’éclairer l’œuvre. Je m’inscris dans une tendance inverse de mes contemporains. Ma préoccupation première est que les chanteurs soient mis en valeur. C’est une approche classique. J’ai essayé de recréer une atmosphère italienne, de donner une couleur avec l’utilisation de rouges pompéiens dans les décors. Nous sommes en Italie, il y aura un olivier sur scène. Le plus délicat est le passage d’une scène à l’autre, celle d’un chemin de campagne à la loge de la Scala par exemple’ conclut-elle.

Néanmoins, les questions techniques ne sauraient nuire à la qualité du travail mis en œuvre par Renée Auphan. Car au final, travailler sur cet Opéra est fort excitant intellectuellement parlant : c’est un beau défi à relever tant pour la metteur en scène que pour les chanteurs, étant donné qu’il s’agit pour tous d’une grande première. A découvrir donc ! DVDM

La chartreuse de Parme, Henri Sauguet, du 8 au 14 février 2012, Opera de Marseille. Réservations http://opera.marseille.fr/
Plus d’infos sur http://rmtnews.wordpress.com/2012/01/17/zoom-sur-la-chartreuse-de-parme/

22 janvier 2012

Made in Asia Toulouse, une 5ème Edition tournée vers Taiwan

Filed under: Uncategorized — rmt2009 @ 10:20

Du 25 janvier au 10 février 2012 en divers lieux de la ville

Créé en 2008, à Toulouse, par Didier Kimmoun, porté par l’association Tchin-tchine, le festival annuel Made in Asia répond au besoin de faire découvrir les cultures asiatiques en France. L’édition 2012 se propose de mettre en lumière la création contemporaine taïwanaise au travers de ses plus dignes représentants que sont par exemple, Hsu Yen Ling et Wang XinXin. Cette édition haute en couleurs et riche en émotions accueillera des spectacles de danse, du théâtre contemporain et des marionnettes mais aussi des concerts, des expositions et des projections cinématographiques. A vos agendas !

A l’origine du projet, une passion pour l’Asie d’Aujourd’hui

Le fondateur du festival a passé une grande partie de son enfance en Chine, son père étant enseignant à Pékin au moment de la révolution culturelle. Attiré depuis toujours par les cultures asiatiques, il s’est rendu compte, au cours de ses nombreux voyages, que les peuples d’Asie connaissent mieux les cultures occidentales que les occidentaux les cultures asiatiques. ‘Il y a un décalage entre la connaissance en Asie de l’Occident et la connaissance en Occident de l’Asie ; ce décalage est d’autant plus grand dans le domaine culturel : nous connaissons plutôt l’Asie sous l’angle politique et économique. Or, en Asie, la culture occidentale fait partie des programmes scolaires, ce qui n’est pas le cas chez nous.’ Ce constat l’a amené en 1998 à concevoir le projet d’un festival dédié à l’Asie. ‘Je ne voulais pas d’un festival pour les hippies du Yunnan et ni faire dans l’exotisme. Ce n’est pas un festival de voyage mais une découverte de la vie culturelle asiatique contemporaine. Je voulais montrer qu’il existe en Asie tout un pan de création contemporaine méconnue ici. ‘

Faire mieux comprendre la réalité de l’Asie contemporaine, ses évolutions, ses contradictions, et tisser des passerelles entre Orient et Occident.

En 2000, il a rencontré l’association Tchin-Tchine qui organisait des événements culturels afin de promouvoir les cultures d’Asie. ‘Je leur ai proposé de développer une semaine d’activités culturelles autour de la Chine puis de l’ouvrir aux autres pays d’Asie comme le Vietnam et la Corée. Je souhaitais proposer différents types de spectacles, notamment l’art vivant contemporain peu connu ici. Il me fallait convaincre les programmateurs français qui avaient peur de la réaction du public et avaient du mal à concevoir l’existence d’une création contemporaine en Asie’. En effet, à cette époque, seule la Corée était connue pour ses spectacles de danse contemporaine. ‘Il m’a fallu trouver des partenaires financiers publics, ce qui fut assez difficile. Les politiques avaient du mal à concevoir l’intérêt de porter un regard sur la culture contemporaine en Asie alors que c’est un créneau à développer. Je bataille pour avoir 10 000 euro des collectivités locales mais j’ai eu une subvention inespérée de la ville d’un montant de 20 000 euro’. Afin de compléter le budget, il fait appel à des entreprises privées en leur proposant des projets audacieux comme l’installation de sculptures chez un concessionnaire Hyundai, à Labège, avec une sculpteuse coréenne – exposition du 25 janvier au 18 février, vernissage le 31 janvier. Installée en France dans les années 80, ‘Yoon-Hee utilise des métaux, qui sont parmi les corps les plus denses de l’univers : aciers, aluminium, bronze, cuivre, laiton, nickel, plomb, titane, zirconium… Directement prélevées dans la chaîne industrielle ou réalisées par des gestes simples et directs (par exemple répandre le métal en fusion), ses sculptures s’imposent par leur masse pleine ou, au contraire, prennent la forme de réceptacles ouverts. Yoon-Hee laisse les choses venir à elle et s’accomplir selon leur logique propre‘ précise Didier.

Un festival en expansion, tourné vers le partage et l’échange artistique

Que nous ne nous méprenions pas, Made in Asia n’est pas un festival comme un autre. Didier Kimmoun se refuse à ne faire que de l’accueil de spectacles ou du ‘one shot’. A cet effet, il développe de nombreuses résidences artistiques et favorise les échanges entre artistes asiatiques et français, souhaitant créer des passerelles de création. Pour cette édition, il accueille ainsi une semaine durant la merveilleuse Wang XinXin, spécialiste reconnue en Nanguan, art musical traditionnel chinois originaire du Fujian, mêlant jeu et chant, pour une résidence de création en collaboration avec un orchestre de musique baroque de la région toulousaine. De même, le festival s’invite tout au long de l’année dans les lieux culturels de la ville en proposant des spectacles et/ou résidences d’artistes comme cela a été le cas en novembre lorsqu’il a fait venir une expérimentation japonaise avec le premier robot acteur. Oriza Hirata avait présenté ‘Sayonara’ joué par Geminoid F, dans le cadre de la Novela (festival des savoirs partagés). D’autres artistes seront accueillis en mars au théâtre Garonne, notamment la chorégraphe vietnamienne Ea Sola avec une recréation de ‘Sécheresse et pluie’, et en avril à la Salle Nougaro, Youn Sun Nah, une merveilleuse vocaliste de jazz. Les prochains pays à l’honneur seront le Japon – une nécessité aux vues de l’actualité de Fukushima- et Singapour. ‘A moyen terme, d’ici trois ou quatre ans, mon objectif est de créer une dynamique de tournée’. Pour 2014/2015, il compte bien inviter à l’Opéra de Toulouse un opéra chinois contemporain.
Les premières éditions étaient plutôt thématiques abordant des sujets comme la place des femmes ou l’urbanisme puis l’idée de mettre un pays en avant est venue d’elle-même. Cette année, l’invité d’honneur est Taiwan. Pourquoi Taiwan ? Parce que ‘cette année est celle du centenaire de la République de Chine et les artistes taïwanais, gardiens de la culture chinoise ancestrale et avides des modes de vie occidentaux, excellent à croiser l’Est et l’Ouest, la tradition et de la modernité’, nous confie-t-il.

Au menu de cette édition: théâtre, musique, danse avec la crème des artistes taïwanais

Pour en revenir à cette édition au programme fort alléchant, le public français pourra admirer la performance extraordinaire de Hsu Yen Ling, une des meilleures actrices de théâtre taïwanaise, dans ‘Remix – Hsu Yen-Ling x Sylvia Plath, le Monodrame de HSU Yen-Ling’, écrit par CHOU Man-Nung et mis en scène par BABOO. Cette pièce relate les derniers moments de vie de la poétesse américaine, Sylvia Plath, et s’inspire de son poème ‘41 de Fièvre’. Cette réécriture poétique offre un rôle taillé à la mesure du talent de la jeune comédienne, ici, dans une de ses meilleures interprétations. Cette création, portée par la compagnie avant-gardiste les Shakespeare’s Wild Sisters Group, sera présentée les 25 et 26 janvier au théâtre Garonne. S’en suit un spectacle jeune public : ‘La naissance’, création de la compagnie L’Est et l’Ouest et du Flying group, le 4 février, à la médiathèque José Cabanis. Ce spectacle, salué par la critique française et taïwanaise, mêle marionnette, théâtre d’ombre et jeu : premier volet d’une trilogie, il emmène les enfants et leurs parents dans le rêve d’une petite fille qui, toujours dans le ventre de sa maman, s’ouvre au monde. Ce voyage onirique et poétique, tout en beauté, est interprété par la talentueuse Chou Jung Shih, accompagnée en live par Wang Yu Jun, une jeune musicienne à découvrir. Coté danse, le festival accueille Shang Chi Sun, jeune chorégraphe et danseur d’exception à l’esthétique pure avec ’Traverse’ le 27 janvier à l’espace Bonnefoy, et la fabuleuse Wen Chi Su avec ‘Loop me’, un spectacle de danse multimédia signé par la compagnie Yilab, ayant remporté un vif succès à Taiwan. La musique n’est pas en reste avec l’accueil de deux formations de haut vol : les Ten Drums Art Percussion Group, une troupe originaire du sud de Taiwan, basée à Tainan, composée de 10 percussionnistes étonnants, présentant un programme intitulé fort justement ‘le charme de Taiwan’ en hommage aux traditions spirituelles taïwanaises, le 3 février à la salle Nougaro, un des événements incontournables de ce festival. La seconde formation, le XinXin Nanguan Ensemble, dirigée par la majestueuse Wang XinXin, présentera ‘les Passions’, dialogue musical entre le Nanguan, instrument traditionnel chinois, la cithare Guzheng, et un orchestre de musiques baroques, Les Passions-Orchestre Baroque de Montauban, sous la direction de Jean-Marc Andrieu. Ce concert original où les musiques chinoises et baroques sont revisitées permettra au public de découvrir toute la virtuosité vocale et instrumentale de Wang XinXin et de Jiang Nan le 8 février au théâtre du Capitole.

Focus sur la jeune création taiwanaise dans les domaines du cinéma et des arts plastiques

Outre une programmation cinématographique dédiée aux jeunes réalisateurs taïwanais, de nombreuses expositions viennent compléter le tableau. Ce parcours d’Art contemporain taïwanais a été réalisé en collaboration avec le Centre culturel de Taiwan à Paris, sous les conseils avisés de son directeur, M. Chen, spécialiste en Arts plastiques, ancien professeur et lui-même artiste. Les festivaliers sont invités en divers lieux d’art de Toulouse et de l’agglomération toulousaine à la découverte de l’art contemporain taïwanais au travers de la jeune génération d’artistes nés vers la fin des années 70/début des années 80. C’est l’occasion de rencontrer Yong-Ning TZENG, plasticien utilisant le stylo à bille et travaillant sur l’automatisme répétitif et inconscient du geste qui engendre le processus créatif. Deux expositions lui sont consacrées du 25 janvier au 11 février, à l’Espace Bonnefoy -vernissage 27 janvier- et du 31 janvier au 5 février, à Lieu Commun -vernissage 2 février. La galerie Lemniscate accueillera du 26 janvier au 26 février – vernissage 26 janvier- MIA LIU WEN HSUAN avec ses sculptures en papier. Char Wei Tsai, quant à elle, présentera son travail sur les matières vivantes et périssables, explorant métaphoriquement le processus de transformation. Chi-Tsung Wu qui expérimente des procédés simples de fabrication d’images explore l’alchimie du processus photographique. Son travail renvoi à la peinture traditionnelle chinoise tout en mobilisant des technologies résolument contemporaines tant numériques qu’analogiques. Il sera en résidence du 15 janvier au 1er février et présentera son travail du 2 au 25 février à la Maison Salvan à Labège -vernissage le 2 février à 19h. Le jeune vidéaste Cheng Ta Yu s’intéresse au corps humain, plus particulièrement à ses déformations. Ses œuvres seront visibles du 2 au 25 février au Pavillon Blanc à Colomiers – vernissage le 2 février à 19h. Cette palette d’artistes dévoile la diversité créative des plasticiens taïwanais en résonance avec des problématiques actuelles.

La surprise du chef : Mister Candle

Le curieux pourra alors se balader au cœur du village asiatique, place du capitole, avec ses tentes, son marché, Ses démonstrations de danse, d’arts martiaux, Ses ateliers de cuisine et cours de découverte des gastronomies asiatiques…. et assister à la parade du nouvel an avec la danse du dragon, accompagnée de tambours et d’un lâcher de lanternes les 28 et 29 janvier. Ce sera l’occasion de découvrir un jeune artiste taïwanais au nom des plus énigmatiques, Mister Candle, de son vrai nom Huang Ming-Cheng, en résidence au village. Car, Mister Candle, c’est la grande découverte de Didier Kimmoun lors de son récent voyage à Taiwan. Ce jeune acrobate taïwanais au projet délirant travaillera avec des artistes circassiens des écoles de cirque de Toulouse et de Barcelone. Son projet artistique consiste à se faire prendre en photo sur les mains – dans la position de la chandelle- en divers lieux de l’ile dont il a parcouru déjà plus de 20 000km, que ce soit au milieu d’un marché ou sur un vélomoteur, portant ainsi un regard particulier sur la fragilité du monde qu’il regarde à l’envers. Il a pour objectif de faire ainsi le tour du monde pendant 15 ans. Une galerie de ses photos suspendues sera présentée pendant le festival. L’intérêt de Didier Kimmoun pour son geste artistique réside dans l’authenticité de sa démarche artistique. Cette dernière est en conformité avec la vie même de l’artiste et en adéquation avec sa vision du monde porteuse d’espoir. D’où cette invitation de dernière minute…

D’autres surprises – notamment coréennes et chinoises – attendent les festivaliers, alors rendez vous sur le site de made in Asia http://www.festivalmadeinasia.com/ pour en connaitre le détail ! Le tout à des tarifs honnêtes, le prix des places variant de 10 à 20 euro, ce qui somme toute est fort accessible…

Diane VANDERMOLINA

17 janvier 2012

Zoom sur la Chartreuse de Parme

Filed under: Uncategorized — rmt2009 @ 10:21

La Chartreuse de Parme
Henri Sauguet
Infos : http://opera.marseille.fr/

Les 8, 10, 12 et 14 février – 20h excepté le 12 à 14h30, l’Opéra de Marseille propose au public marseillais de découvrir une œuvre rarement produite, la Chartreuse de Parme, ici mise en scène par son ancienne directrice, Renée Auphan avec dans le rôle de la mystique Clélia, Nathalie Manfrino et dans celui de Fabrice, Sébastien Guèze sans oublier Marie Ange Todorovitch dans le rôle de Gina, la duchesse de Sanseverina. Une distribution exclusivement française et de haut niveau.

Cet opéra contemporain, composé en 1937 par Henri Sauguet, écrit en collaboration avec Armand Lunel, professeur de philosophie et librettiste, se concentre d’avantage sur les liaisons amoureuses des personnages que sur le contexte politique qui marque l’œuvre originale de Stendhal. Pour mémoire, la Chartreuse de Parme relate les amours de Clélia, Gina et Fabrice. Le jeune et fougueux Fabrice, devenu coadjuteur de l’archevêque faute d’être un bon militaire, est emprisonné dans la tour de Parme pour avoir tué un acteur comique. Il tombe amoureux de la fille du Général Conti, Clélia qu’il avait déjà rencontrée lors de son voyage du lac de Côme à Milan. Clélia aidée par Gina, amoureuse de Fabrice, son neveu, l’aide à s’évader. Hélas, pour faciliter l’évasion de Fabrice, le Général est empoisonné et Clélia, mue par le remord, fait vœux de ne plus revoir Fabrice. Ce dernier fuit avec Gina -qui se rend compte qu’il ne lui appartiendra jamais- avant de se retirer dans la Chartreuse de Parme et devenir grand prédicateur.

Nathalie Manfrino, à propos de la Chartreuse, nous explique : ‘La musique de la Chartreuse de Parme est difficile, c’est une musique faussement facile. Le compositeur ne donne rien à l’orchestre, par exemple, dans l’air des oiseaux, il y a une tierce très difficile à aller chercher. C’est un sacré défi mais l’histoire est magnifique. Clélia est mystique. Fabrice aussi. C’est une très belle histoire d’amour.’ La soprano, quant à elle, est ravie car elle retrouve Sébastien Guèze avec lequel elle a joué Faust. ‘Les gens pensaient qu’on était ensemble dans la vie (à propos de Faust, ndrl), ce qui est beau parce que ça prouve que la magie a opéré. Et puis la distribution est entièrement française, ce qui est rare.‘

Lorsqu’on l’interroge sur ce dernier point, la réponse, sans langue de bois, ne se fait pas tarder. ’Embaucher des chanteurs étrangers coûte moins cher, il y a moins de taxes à payer et de nombreux directeurs préfèrent ainsi prendre des chanteurs étrangers. Pourtant, on paie nos impôts en France. Quand j’ai joué en Espagne, il y avait 40 pourcent de charges, sur mille euros, je ne touchais que 600. Il y a des quotas en Italie et en Espagne pour faciliter l’embauche des chanteurs du pays. Et je pense qu’on devrait faire pareil en France. J’ai des amis chanteurs qui ont du mal à travailler, ils crèvent la dalle et n’ont pas doits aux ASSEDIC, faute de cachets. C’est injuste.’ La jeune femme qui refuse de s’inscrire aux Assedic, estimant qu’elle travaille assez, aide dès qu’elle le peut ses amies sopranos dans leur recherche de rôles, aussi petits soient-ils. Un engagement à saluer.

Amis lecteurs, si vous avez apprécié le jeu et la voix de Nathalie Manfrino dans le rôle de Mimi cet hiver, nul ne doute que vous apprécierez son incarnation de la belle et mystique Clélia dans la Chartreuse de Parme. Nous vous invitons donc à découvrir cette œuvre quasiment jamais montée que Renée Auphan a sorti de l’oubli, fidèle à sa volonté de faire partager son goût pour les œuvres méconnues. DVDM

Opéra en 4 actes

Livret d’Armand Lunel, d’après l’oeuvre de Stendhal. Création à Paris, Palais Garnier, le 20 mars 1939

CRÉATION À MARSEILLE / NOUVELLE PRODUCTION

EN HOMMAGE À HENRI SAUGUET ET JACQUES DUPONT

DIRECTION MUSICALE : Lawrence Foster

MISE EN SCÈNE : Renée Auphan (Assistante : Chantal Graf)

DÉCORS : Bruno de Lavenère

COSTUMES : Katia Duflot

LUMIÈRES : Laurent Castaingt

Clelia Conti ………………………Nathalie Manfrino

Gina, duchesse de Sanseverina …………………….

……………………………. Marie-Ange Todorovitch

Théodolinde …………………….. Sophie Pondjiclis

Fabrice del Dongo……………… Sébastien Guèze

Comte Mosca della Rovere …. Nicolas Cavallier

Général Fabio Conti ………Jean-Philippe Lafont

Ludovic / une voix de ténor…………..Eric Huchet

Barbone ……………………….. Jacques Calatayud

Le Maréchal des logis / Un gendarme……………..

…………………………………………. Antoine Garcin

Un gendarme / une voix de ténor……………………

…………………………………….. Bruno Comparetti

Orchestre et Choeur de l’Opéra de Marseille

Chef du Choeur : Pierre Iodice

Enregistré et retransmis par France Musique le 28 avril 2012 à 19h30

16 janvier 2012

WOYZECK

Filed under: marseille,taipei,taiwan,theatre — rmt2009 @ 19:13

Woyzeck de Buchner
Mise en scène Franck Dimech
A la Minoterie du 24 janvier au 28 janvier, à 20h sauf les 24 et 25 à 19h
La représentation du 25 est suivie d’une rencontre avec les artistes
Au théâtre Antoine Vitez le 1er février à 20h30
Réservations : 04 91 90 07 94 / Durée : 1h30

Cette dernière création de Dimech sera présentée en chinois surtitrée français avec de jeunes acteurs taïwanais, du conservatoire de Taipei, et chinois, du théâtre académique de Shanghai. Elle a par ailleurs été créée cet été au Guling Avant-garde Theatre de Taipei où elle a reçu un bel accueil du public et de la presse taïwanaise. Après ‘l’Echange’ de Claudel et ‘Jumel’ de Fabrice Dupuy, il s’agit pour Dimech de sa troisième mise en scène du répertoire occidental avec des acteurs asiatiques, dans une langue que de son propre aveu il ne parle pas. Alors pourquoi créer un Woyzeck en chinois ?

Pour mémoire, Woyzeck, tiré d’un fait divers, relate la folie d’un soldat en proie à des hallucinations qui en arrive à tuer sa maitresse, Marie, une prostituée dont il élève le fils, avant de se noyer près du lieu de son crime. Travailler avec des artistes d’origine chinoise lui permet d’explorer de nouvelles façons de communiquer, ‘inventer des moyens de communication au delà/en deçà de la langue’ même si pour l’heure il est aidé de Chou Jung Shih, artiste taïwanaise vivant à Marseille, qui cosigne avec Li Shi Xun la traduction en chinois de la pièce, et l’assiste à la mise en scène. Il ne s’agit pas d’être œcuméniste précise-t-il mais plutôt ‘questionner la langue et les cultures’. Son projet est par ailleurs singulier puisqu’il fait travailler chinois et taïwanais sur un même projet, là où les tensions entre Taïwan et la Chine persistent, et ce bien que des rapprochements aient été facilités par le président Ma, du Kuomintang, favorable au rapprochement Chine/Taïwan. Ma a d’ailleurs été réélu ce 14 janvier dernier pour un second mandat de quatre ans.

Le choix de Buchner n’est pas non plus innocent : ce qui intéresse le metteur en scène est le regard porté par le héros – ‘dernier sorcier de la société qui n’est ni un révolutionnaire ni un bouc émissaire’- sur le monde : ‘un monde en perte de valeurs. Ce monde hostile et aride que décrit Buchner est le nôtre’. Travailler ce texte avec des acteurs asiatiques lui permet ainsi d’épurer la scénographie et de se concentrer sur le jeu ; les acteurs asiatiques, notamment les taïwanais, ont une puissance de jeu assez rare en occident. Comme l’explique Chou Jung Shih, leur apprentissage du théâtre est inspiré de la méthode de Grotowski et le travail d’échauffement du corps tient une part fondamentale dans les répétitions. Le jeu des comédiens taïwanais est bien plus physique, corporel, vivant que celui des comédiens occidentaux. Ils ont une vitalité extraordinaire ; ce qui a poussé Franck Dimech à intégrer plus de corps dans ce Woyzeck. Ce dernier pourtant traite de la mort du collectif. Aussi, la version proposée ici met en scène la nudité – un thème récurrent chez Dimech- mais il ne s’agit pas de montrer la nudité pour la nudité sinon plutôt montrer ‘la chair au travail, le corps dans l’étreinte’.

Cette reprise de Woyzeck en France sera certes légèrement différente de celle de Taipei, l’espace scénique de la Minoterie étant plus grand de celui du Guling. Des aménagements vont être amenés en ce qui est de la scénographie et de l’intégration des surtitres. Mais qu’à cela ne tienne, nous vous recommandons de découvrir cette dernière création d’un metteur en scène qui va au bout de ses idées et ne se cache point derrière de beaux discours. Chose suffisamment rare pour être soulignée. DVDM

14 janvier 2012

Trois courtes pièces de Courteline

Filed under: marseille,theatre,Uncategorized — rmt2009 @ 19:04

Courteline, amour noir [création]
Georges Courteline
Jean-Louis Benoit
12 au 28 janvier 2012
Grand Théâtre de la Criée

A l’occasion de sa dernière création, nous avons rencontré l’ancien directeur de la Criée, Jean Louis Benoit. Ce dernier semble avec cette création plutôt s’intéresser au couple qu’à l’amour. Chez Courteline, ‘il n’y a pas d’amour’. Or, ‘dans les vaudevilles ou comédies bourgeoises, il est toujours question d’amour’, rappelle-t-il. Alors qu’est ce qui l’a intéressé chez cet auteur souvent peu monté, voire évacué des manuels scolaires ?

L’intérêt de ces trois courtes pièces réside dans les affrontements entre deux individus, homme et femme, vivant ensemble depuis quelques années. Trois couples incarnés par deux couples de jeunes comédiens. Trois fables décrites par Courteline avec humour et noirceur. ‘Courteline est le dernier comique du siècle… Après il y aura Ionesco’ précise Jean Louis. Ce dernier a donc travaillé sur le rythme propre de la farce, suggérant le décor, un intérieur d’appartement petit bourgeois. Ce sera d’ailleurs le même décor pour les trois piécettes qui durent chacune une vingtaine de minutes. Sa mise en scène s’inspire du réalisme à l’italienne, avec ses figures. D’où une attention particulière portée au choix des comédiens pour incarner ces couples.

Au-delà du texte en lui-même, ce qui meut Jean Louis Benoit, c’est un désir de faire redécouvrir des auteurs méconnus. ‘Il existe des comédies intelligentes mais en France, ce qui est noble est la tragédie. La comédie est considérée comme un genre mineur, notamment dans les centres dramatiques nationaux ; ce qui par ailleurs est un problème typiquement franco-français que de faire cette dichotomie entre comédie et tragédie’. Il nous rappelle que Molière devait jouer du Corneille en tant que comédien pour asseoir son statut d’artiste et que Corneille a écrit des comédies, hélas peu jouées. Néanmoins, il est vrai qu’une création avec peu de décor, peu de comédiens et de durée brève se vend mieux qu’un spectacle avec 10 comédiens et une lourde scénographie. ‘C’est une bonne affaire‘ plaisante-t-il puisque ce spectacle va tourner jusqu’en Mai.

Cette création sera suivie d’un autre projet autour du mythe du bon sauvage, mêlant des textes de Voltaire – ‘dialogue avec les sauvages’- et un texte moderne traitant de la situation de la planète aujourd’hui. Il questionnera les sauvages d’aujourd’hui : ‘qui sont-ils, les gens de Wall Street ?’. Le tout ‘sur un mode ironique et drôle’. Car ‘on ne rit plus au théâtre… Dans le In, il n’y a pas une seule comédie’ conclut-il… A vos agendas ! DVDM

Plus d’infos
Durée 1h30
Réservations par téléphone au 04 91 54 70 54
par internet vente en ligne sur : www.theatre-lacriee.com
Tarifs de 12 à 22euro
Représentations
mardi 17, 24 janvier 19h
mercredi 18, 25 janvier 19h
jeudi 12, 19, 26 janvier 20h
vendredi 13, 20, 27 janvier20h
samedi 14, 21, 28 janvier 20h
dimanche 22 janvier 15h
La Peur des coups, La Paix chez soi, Les Boulingrin, trois pièces relatives à « la vie de couple », mettent en scène un lâche avec une épouse trop belle, un littérateur minable et mesquin avec une petite femme rouée, un couple haineux qui passe son temps à se déchirer et à déchirer son invité jusqu’à la terrible explosion finale, résolument dévastatrice.
Avec Thomas Blanchard, Ninon Brétécher, Valérie Keruzoré, Sébastien Thiéry

décor Laurent Peduzzi – costumes Marie Sartoux

12 janvier 2012

Botticelli Spicy Girls

Filed under: Uncategorized — rmt2009 @ 17:38

Le Gymnase propose au public marseillais de découvrir un show à l’américaine entre striptease et music hall, mené tambour battant par la piquante Kitten on the Keys. Cette dernière nous vient tout droit de San Francisco, la ville la plus Queer Friendly des USA -de son propre aveu, et a collecté tout au long de sa carrière de nombreux objets, parures et toilettes utilisés dans la tradition du music hall américain. Certaines de ses tenues et coiffes ne sont pas sans rappeler les films américains des années 30…

Émaillant sa présentation de chansons hautes en couleur, elle fait preuve d’une gouaille pétillante : son allusion au ‘power of paillettes’ qu’elle fait mine de sniffer est un clin d’œil délicieux aux artistes cocaïnomanes du milieu. Cette meneuse de cabaret fait montre de ses qualités de pianiste et de chanteuse à plusieurs reprises pour le plus grand plaisir du public. Elle ne manque point de talent ni de drôlerie, tout comme ses acolytes, à l’énergie généreuse, dévoilant leur beauté aux rondeurs botticelliennes et leur joli minois, sans cette vulgarité grasse que nous pouvons trouver dans certains spectacles de striptease. Certains numéros comme celui de la main baladeuse ou celui dans lequel la stripteaseuse se retrouve enfermée dans une bulle rose sont ma foi très frais et sympathiques.

Ceci dit, présenter du striptease avec des femmes rondes n’est point nouveau et la plupart des numéros composant le show -de facture somme toute traditionnelle dans son déroulé et son esthétique – restent par trop classiques, ou trop polis. Et ce, même si le spectateur peut sentir un certain gout pour la démesure et le spectaculaire chez les artistes– notamment dans le numéro du gars, stripteaseur sur bâton dont le tour est une véritable performance. Ils manquent de satire sociale et paraissent plutôt lisses. Et ce, en dépit de leur belle exécution. C’est là où le bas blesse, notamment lorsqu’on se réfère au burlesque des années 20/30 qui était bien plus provocateur et osé qu’aujourd’hui. Il suffit de regarder un film de Mae West pour s’en convaincre.

Ce spectacle nous amène une interrogation au regard du public auquel il s’adresse. Avec ses clichés grivois si faiblement détournés –l’os à l’extrémité suggestive, coincé entre les cuisses de Kitten on the Keys, symbolique d’un fantasme des plus communs ou l’interprétation de « My Girl’s Pussy » jouant sur la référence du mot pussy au pussy de la femme et au pussy cat, comparaison par ailleurs éculée – le spectacle présenté semble plutôt appeler un public de couples -et/ou d’hommes- hétérosexuels – la majorité du public de la salle marseillaise-. Les hommes étaient au demeurant ravis de voir des femmes rondes en string, les tétons cachés, mais n’est-il pas vrai que les hommes préfèrent les grosses ? Tel est le sentiment qui m’a traversée même si la metteur en scène s’en défend en disant qu’il s’adresse à tous les publics quelque soit leur orientation sexuelle.

Au sortir du spectacle, difficile de refouler ce sentiment persistant d’avoir assisté à un divertissement pour bourgeois bien pensants désireux de s’encanailler gentiment le temps d’une soirée. Cette sensation n’a rien à voir avec la qualité intrinsèque du spectacle. Elle nous interroge sur le retour d’un certain ordre moral au sein de notre société où le déjanté et le décalé sont joliment policés – point d’insolence ni de dérision plus que ce qu’il n’en faut pour contenter le public sans le choquer; ce décalage entre l’effet d’annonce et le spectacle en lui-même est dommageable.

Au final, la profusion de ce type de spectacles effeuillant la nudité et le sexe dans les salles françaises laissent à penser qu’il s’agit d’un effet de mode. Or, ces derniers priment dans les choix artistiques des directeurs de salle. Le spectacle se double ici d’une machine marketing bien rôdée avec possibilité pour le public d’acheter de nombreux objets dérivés du spectacle – photos, caches tétons… Ceci dit, nul ne doute que ce show à l’américaine trouve son public et ce dernier, son plaisir. DVDM

The cabaret new burlesque
Un spectacle de Kitty Hartl

avec Kitten on the Keys, Julie Atlaz Muz, Mimi Le Meaux, Evie Lovelle, Dirty Martini et Roky Roulette
Théâtre du gymnase du mardi 10 au samedi 21 janvier 2012
Durée du spectacle : environ 1h30/ prix des places de 8 € à 34 €
Réservations 0 820 000 422/ + d’infos www.lestheatres.net

3 janvier 2012

Une parenthèse enchantée pour 10 ans de créations

Filed under: marseille,Uncategorized — rmt2009 @ 15:53

La compagnie la Parenthèse a été créée 2001 par Christophe Garcia, danseur désormais chorégraphe, auréolé de nombreux prix en France, Italie et Allemagne dont le prix de la production Scapino, reconnu par ses pairs et pas des moindres : citons entre autres, le nouveau directeur du Ballet Béjart et Béjart lui-même, ou plus près de chez nous, Jean Charles Gil du Ballet d’Europe. Pour les 10 ans de sa compagnie, Christophe a concocté un programme des plus alléchants, invitant la crème des ballets contemporains à se produire sur la scène du Gymnase le 6 janvier 2012.

A son invitation, ont répondu présents et sans hésitation aucune : le ballet Béjart de Lausanne, le Ballet Malandain de Biarritz, le Ballet Scapino de Rotterdam, le Ballet d’Europe et le Ballet Trockadero de Monte Carlo. Toutes ces compagnies vont proposer soit des extraits de leur répertoire, soit des créations en avant-première. La question qui se pose est comment diable a-t-il été possible de réunir autant de talent sur une même scène, un même soir ?

Car outre le cout de l’opération, se pose la question des calendriers de chacun…..A cette interrogation Christophe ne peut que dire sa joie et son enthousiasme. Avec humilité, il retrace son parcours de danseur et de chorégraphe. Admis à l’école atelier Rudra Béjart, il intègre le ballet Béjart en 1998, nouant avec le ballet des liens indéfectibles. Une carte blanche à Maurice Béjart lui offre la possibilité de mettre en avant ses talents de chorégraphes avec « Alice ». De ce succès, à l’âge de 21 ans, préférant le travail de chorégraphe à celui d’interprète, il décide de fonder sa propre compagnie à Marseille, ville découverte au hasard de ses rencontre chorégraphiques, tout en continuant de collaborer avec les ballets de répertoire tels que le ballet Scapino, le ballet Biarritz junior ou encore le ballet d’Europe.

La qualité de son travail chorégraphique et ses nombreuses collaborations avec des ballets de renom explique la réponse positive des compagnies invitées. « Elles m’ont fait le cadeau de leur présence. C’était une vraie surprise pour moi : tous voulaient être là et cette marque de générosité m’a touché. Ce n’était pas évident de les faire venir. Le programme que j’ai choisi avec des pièces ayant eu un joli succès est l’histoire d’un partage, d’un échange. Je ne voulais pas être seul. » Explique-t-il en toute simplicité avant de poursuivre. « Je voulais célébrer les 10 ans de la compagnie et je suis heureux de les fêter au Gymnase. C’est un bel écrin, un beau théâtre et un plateau qui me convient. »

Au programme donc : une des dernières créations du ballet Béjart qui sera présentée en Mai 2013, un extrait de ‘Folavi’ de Jean Charles Gil, ‘la mort du cygne’ interprétée par Roberto Forléo, compagnon de danse du ballet Béjart l’ayant rejoint à Marseille, et pleins d’autres surprises de la compagnie de Christophe dont sa dernière création, qui sera présentée officiellement en mars 2012, le solo ‘je suis sage mais tu me manques’, pièce traitant des relations entre un père absent et son fils. Cette pièce fait suite à un long travail de recherche et d’écoute au sein de groupes de paroles de pères ne voyant pas leur fils, paroles de pères exprimant leur besoin de parler de leur amour pour leur enfant.

A découvrir donc dès 20h30 au Gymnase le 6 janvier, le tout à un tarif des plus attractifs puisqu’il ne vous en coûtera que 10 à 15 euro ! DVDM

Photos :
La parenthèse/Pièce: l’Heure du bain/Crédit: Jean Charles Verchère
Cie la parenthèse/Pièce: Alice /Crédit : la parenthèse
Cie la parenthèse/Pièce: Je suis sage mais tu me manques/crédit: la parenthèse

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